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11 décembre 2011

[...] "Donc, Satie est né à Honfleur, Honfleur est un petit port où les capitaines descendent de leur bateau et racontent des histoires. Les enfants écoutent. Leur esprit se forme au contact des gaudrioles et du merveilleux. Car il existe un esprit de Honfleur célèbre par Alphonse Allais et Satie mais spécial à chaque Honfleurois.
Le pâtissier, le pharmacien, l'organiste ont un langage, cette façon pour le mystificateur d'avoir l'air plus bête que le mystifié.
La mer donne une grande poésie. Déjà cette poésie se trouve dans certaines farces d'Alphonse Allais. Elle les sauve  de la vulgarité, laissant le lecteur déçu.
Seulement avec Alphonse Allais nous sommes loin de compte. Sa valeur est de ne pas savoir jusqu'où il nous emporte. Mais, hélas! il ne développe pas son talent. Il traîne d'une table de café à l'autre. Ce qui nous reste après sa mort est peu de chose. Une porte de bar, entr'ouverte sur la mer."


Jean COCTEAU, La Jeunesse et le Scandale.
Conférence donnée le 27 février 1925. Texte publié dans Le Livre Blanc et Autres Textes chez Le Livre de Poche.

09 décembre 2011

Maudit karma, David SAFIER

Animatrice de talk-show, Kim Lange est au sommet de sa gloire quand elle est écrasée par une météorite. Dans l'au-delà, elle apprend qu'elle a accumulé beaucoup trop de mauvais karma au cours de son existence. Non seulement elle a négligé sa fille et trompé son mari, mais elle a rendu la vie impossible à son entourage. Pour sa punition, Kim se réincarne en fourmi. Et le pire reste à venir : de ses minuscules yeux d'insecte, elle voit une autre femme la remplacer auprès de sa famille. Elle doit au plus vite remonter l'échelle des réincarnations. Mais, de fourmi à bipède, le chemin est long. Kim devra surmonter bien des obstacles... et, au passage, revoir la plupart de ses conceptions sur l'existence ! Tour à tour incisif, léger et émouvant, Maudit Karma est un roman jubilatoire. 


C'est un roman distrayant. Léger et rapide à lire. Cynique, un peu saugrenu par moments. Divertissant (en même temps, il n'a pas d'autres prétentions).

07 décembre 2011

Les mains sales, Jean-Paul SARTRE

" Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! A quoi cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c'est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j'ai les mains sales. Jusqu'aux coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang. "

Hugo vient de sortir de prison. Jeune militant, il fut envoyé par le Parti tuer un politicien jugé verreux. Peut-on demeurer fidèle à ses idéaux, ou faut-il transiger avec la réalité et la nature des hommes pour faire bouger les choses ? Faut-il se salir les mains ?

Créée en 1948 au théâtre Antoine par François Périer et André Luguet, Les mains sales, pièce sur l'engagement politique, est une des œuvres théâtrales les plus retentissantes de l'auteur de Huis clos, des Mouches, de La putain respectueuse, des Séquestrés d'Altona, du Diable et le bon Dieu.
 
 
Un long flash-back qui vient faire la lumière sur les motivations du geste d'Hugo. Entre raison et sentiments, innocence et cynisme.

10 avril 2011

Vipère au poing, Hervé BAZIN


Ce roman, le plus célèbre de l'auteur, est aussi largement autobiographique. Comme dans l'ensemble de son oeuvre, Hervé Bazin y donne les raisons de sa haine et de son combat contre toutes les oppressions familiales et sociales. Vipère au poing raconte la lutte impitoyable livrée par Brasse-Bouillon, alias Jean Rezeau, ainsi que ses frères, contre leur mère, une marâtre odieuse, calculatrice et violente. Folcoche, ainsi que ses enfants la nomment, règne avec autorité sur une famille angevine bien-pensante, ne lésinant pas sur les coups de fouet, les brimades et les humiliations. Mais Brasse-Bouillon est malin, vif et clairvoyant. Il affronte sa mère en lui tendant à son tour les pièges qui l'aideront à avoir raison d'elle.

Au premier degré, le livre possède un incontestable humour qui marque les esprits (inoubliable Folcoche, parangon de méchanceté !). Mais, il est avant tout un cri d'enfant et la dénonciation d'un certain modèle d'éducation qui fit longtemps les beaux jours des familles françaises. Pour son auteur, cela reste à tout jamais un traumatisme et un échec, "J'entre à peine dans la vie et, grâce à toi [ma mère] je ne crois plus à rien, ni à personne... Celui qui n'a pas cru en sa mère, celui-là n'entrera pas dans le royaume de la terre.."
Un puissant classique.

31 mars 2011

Les âmes grises, Philippe CLAUDEL



"Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s'étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu'ils soufflaient l'air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, des oies balourdes traçaient des cercles. Elles semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s'effilocher. On n'entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé
- C'est peut-être enfin la paix... hasarda Grosspeil
- La paix mon os ! lui lança son collègue, qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette."
Nous sommes en 1917 dans une petite ville de province. Toute la société des notables est présente et tient son rôle. Le maire, le juge, le procureur, le flic, le médecin… tous font rouler depuis des années l’agréable train-train de la comédie sociale faite d’amicaux échanges. C’est curieux, même la Grande Guerre ne semble pas avoir bousculé les positions et les habitudes de chacun. Tout reste bien en place dans l’immuable tranquillité de la bourgeoisie sûre d’elle-même. Pourtant tout bascule lorsqu’une fillette de 10 ans est retrouvée morte dans l’eau. La petite Belle-de-Jour, comme on l’appelle. Tous la connaissent, elle servait au Rébillon, la seule brasserie restaurant du coin. "Bien, bien, bien…" reprend le juge, tout content d’avoir un meurtre, un vrai à se mettre sous la dent, un meurtre d’enfant en plus, et de petite fille pour couronner le tout. Dès lors, le soupçon gagne et rogne les âmes grises de nos notables. En premier lieu le procureur qui habite au château, juste à côté du lieu du meurtre… Philippe Claudel possède un grand talent de conteur. Auteur de plusieurs romans, de récits, de chroniques, de nouvelles, il sait imposer d’emblée un ton particulier, soit une forme assez conventionnelle et classique de la composition mêlée à une plongée psychologique subtile et noire dans le fond de chaque être.
L'histoire est belle, terrible; l'histoire d'une fillette retrouvée étranglée au bord d'une rivière, l'histoire de la noirceur de l'âme des hommes. Une histoire belle et touchante. On se prend d'affection pour tous, on a parfois les yeux embués, le poil qui se hérisse. Destinat, Mierck, la jeune institutrice, Belle de Jour, Joséphine, Clémence, autant de destins tragiques qui se croisent, des âmes grises sur fond noir.

25 mars 2011

C'est Mozart qu'on assassine, Gilbert CESBRON



Martin a sept ans, l'âge où l'amour de ses parents devrait guider ses premiers pas dans l'apprentissage de la violence et de l'injustice du monde. C'est au contraire l'instant où la fin de leur union va faire basculer son univers dans les histoires sordides des adultes, va briser en lui toutes les qualités de l'enfance, sa pureté, son génie propre.
Gilbert Cesbron trouve ici ses accents les plus bouleversants pour analyser le drame de cet enfant, ce "Mozart assassiné", qui voit peu à peu s'effondrer autour de lui toutes les valeurs d'amour et de droiture qu'il avait jusqu'alors connues. Mais, dans ce siècle de violence, d'égoïsme et d'impureté, le chemin de croix de Martin n'est-il pas celui de la majorité des enfants d'aujourd'hui ?
Une bonne lecture. Et puis, c'est un sujet qui est toujours pleinement d'actualité.

11 mars 2011

L'Elégance du Hérisson, Muriel BARBERY

" Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "




J'ai lu des critiques très partagées sur ce livre. Autant de positives que de négatives. Certains ont trouvé ce livre prétentieux et très lourd. Moi, j'ai tout de suite aimé le personnage de Renée.



De l'humour, des réflexions très pertinentes, une justesse de ton, un soupçon de naïveté. On a beau savoir que point de "Prince charmant" il n'y a, on se surprend à se dire que quand même... "Le tout soutenu par une langue riche et exigeante, sans être pompeuse", ainsi que je l'ai lu dans une critique.

10 août 2010

Katherine Pancol




Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles. Ce roman parle des hommes. Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être. Ce roman est l'histoire d'un mensonge. Mais aussi une histoire d'amours, d'amitiés, de trahisons, d'argent, de rêves. Ce roman est plein de rires et de larmes. Ce roman, c'est la vie.








Qu’un crocodile aux yeux jaunes ait ou non dévoré son mari Antoine, disparu au Kenya, Joséphine s’en moque désormais. Elle a quitté Courbevoie pour un immeuble huppé de Passy, grâce à l’argent de son best-seller, celui que sa sœur Iris avait tenté de s’attribuer, payant cruellement son imposture dans une clinique pour dépressifs. Libre, toujours timide et insatisfaite, attentive cependant à la comédie cocasse, étrange et parfois hostile que lui offrent ses nouveaux voisins, Joséphine semble à la recherche de ce grand amour qui ne vient pas. Elle veille sur sa fille Zoé, adolescente attachante et tourmentée et observe les succès de son ambitieuse aînée Hortense, qui se lance à Londres dans une carrière de styliste à la mode. Joséphine ignore tout de la violence du monde, jusqu’au jour où une série de meurtres vient détruire la sérénité bourgeoise de son quartier. Elle-même, prise pour une autre sans doute, échappe de peu à une agression. La présence de Philippe, son beau-frère, qui l’aime et la désire, peut lui faire oublier ces horreurs. Impossible d’oublier ce baiser, le soir du réveillon de Noël, qui l’a chavirée. Le bonheur est en vue, à condition d’éliminer l’inquiétant Lefloc-Pinel, son voisin d’immeuble, un élégant banquier dont le charme cache bien trop de turpitudes. Autour de l’irrésistible et discrète Joséphine, gravite une fois encore tout un monde de séducteurs, de salauds, de tricheurs et autant d’êtres bons et généreux. Comme dans la vie.
J'ai entendu beaucoup de critiques sur ces romans. Mais moi, j'ai adoré. Je les ai littéralement dévorés.
Ses personnages sont émouvants. J'en ai aimé certains et haï d'autres. Les uns m'ont touchée, d'autres m'ont fait pitié. Mais ils ne laissent pas insensible.
Tu sais:
"Ella, elle l'a
Ce je n'sais quoi
Que d'autres n'ont pas
Qui nous met dans un drôle d'état
Ella, elle l'a
cette drôle de voix
cette drôle de joie
Ce don du ciel qui la rend belle

Ella, elle l'a
Elle a ce tout petit supplément d'âme
Cet indéfinissable charme
Cette petite flamme"
Eh ben voilà. Ses personnages aussi, ils l'ont. C'est juste ce qui les rends si attachants. Ella, là, c'est Joséphine, le personnage central. On se retrouve dans ses perpétuels questionnements. "Vais-je y arriver?" Joséphine a toujours peur de la vie et du lendemain. Joséphine prend des coups mais se relève. Toujours. Joséphine s'efface pour porter à bout de bras les espérances de ses filles. Joséphine se bat pour elles. Pour leur avenir et leur bonheur. Pour un de leur sourire. Pour un de leur baiser. Pour une lueur d'amour dans leur yeux. Joséphine a besoin de reconnaissance et d'amour. C'est une femme simple qui va là où la vie la mène et supporte tout parce que c'est comme ça. Voilà. Joséphine, c'est toi, c'est moi.
Tu vois, j'ai aimé... J'ai pas encore acheté le troisième tome, "Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi", mais il est sur la prochaine liste.

23 février 2009

Parano Express, Josiane Balasko

Antoine, trentenaire, bien sous tout rapport: une femme, un boulot, une mère hystérique. Ca roule pour lui jusqu'à ce qu'une vieille sourde et muette dépose devant son café matinal un porte-cléfs et un billet divinatoire. Avec une catastrophe annoncée. Croyances de bonnes femmes? Apparemment pas, puisque Antoine va vraiment tout perdre. Quelle puissance occulte s'acharne sur quelqu'un d'aussi insignifiant que lui, et dans quel but? Qu'on se rassure, l'histoire devrait trouver une fin heureuse, puisque même quand il s'en mêle, le destin peut réserver de bonnes surprises.
Rebondissement sur rebondissement. Un roman un peu barré mais sympa. Pas du tout ce qu'on aurait pu attendre de Madame Balasko. Surprenant.

19 février 2009

Les Spaghettis d'Hitler, JB Harang

Guillaume Fox est fou. Il est interné dans la clinique du Docteur Marcus, mais il ne le sait pas. Il soupçonne vaguement sa femme, Martine, de vouloir lui faire manger les spaghettis d'Hitler, ces longs lacets de chairs rapportés naguère du marché de Madère et qu'il ne quitte pas. Ces spaghettis le relient au monde souterrain de la mort, limbes gris où des hommes sans paupières lui ont mis sur le dos neuf crimes improbables. Il quitte la clinique par une nuit légère, prend le train pour Paris, y trouve un recueil de Verlaine contenant une quittance d'électricité au nom de Mlle Théodore Glassman. Guillaume et Théodore vont se rencontrer. Elle a les yeux d'une étranglée, il a la main de l'étrangleur. Faits pour s'entendre. Et tout ce qui s'ensuivit.



Un roman étrange. Vous n'avez pas adhéré.

09 octobre 2008

Coelho

L'amour le plus fort est celui qui peut démontrer ma fragilité. De toute manière, si mon amour est vrai (et pas seulement un moyen de me distraire, de me tromper, de passer le temps qui s'étire à l'infini dans cette ville), la liberté vaincra la jalousie et la douleur qu'elle provoque - puisque la douleur fait aussi partie d'un processus naturel. Celui qui pratique le sport le sait: s'il veut atteindre ses objectifs, il doit être prêt à supporter une dose quotidienne de douleur ou de malaise. Au début, l'inconfort est démotivant, puis, avec le temps, on comprend qu'il est une étape dans le développement du bien-être, et vient le moment où, sans la douleur, on a la sensation que l'exercice ne produit pas l'effet désiré.
Ce qui est dangereux, c'est de se focaliser sur cette douleur, de lui donner un nom, de la garder toujours présente à l'esprit.



Paulo COELHO, Onze minutes

02 octobre 2008

La passion

Sous l'effet de la passion, on cesse de se nourrir, de dormir, de travailler, d'être en paix. Beaucoup de gens sont effrayés parce qu'elle anéantit sur son passage tout ce qui relève du passé.


Personne n'aime à voir son univers désorganisé. C'est pourquoi beaucoup parviennent à contrôler cette menace et peuvent maintenir debout une structure qui est déjà poussière. Ce sont les ingénieurs des choses dépassées.


D'autres pensent exactement le contraire: ils s'abandonnent sans réfléchir, espérant trouver dans la passion la solution à tous leurs problèmes. Ils placent dans l'autre toute la responsabilité de leur bonheur et le rendent coupable de leur éventuel malheur. Ils sont en permanence euphoriques parce que quelque chose de merveilleux leur est arrivé, ou déprimés parce qu'un évènement auquel ils ne s'attendaient pas a fini par tout détruire.


Se préserver de la passion ou s'y abandonner aveuglément, laquelle de ces deux attitudes est la moins destructrice?


Je ne sais pas.





Paulo Coelho, Onze minutes.

19 août 2008

DARD Frédéric


A découvrir ou à relire, trois rééditions de jeunesse de Frédéric DARD




On demande un cadavre


Steeve et Buch sont dans le pétrin jusqu'au cou: le cadavre qu'ils avaient pour mission de déterrer a décampé. Qui d'autre peut bien s'intéresser à ce macchabée? Et que va dire le patron? Ils n'ont pour l'heure qu'un seul indice: on aurait aperçu une jolie jeune femme dans une voiture bleue aux abords du cimetière ...




Le tueur en pantoufles


Dans son pavillon confortable de banlieue, Jango, entouré de sa mère et de son fils Zizi, gamin farceur, mène une petite vie bien tranquille. A un détail près: Jango est tueur à gages. Une seringue, une piqûre dans la nuque, une cuve d'acide pour faire disparaître le corps, et hop! le tour est joué. Sa "petite entreprise" fonctionne plein pot, jusqu'à la disparition d'un certain colonel ...




La grande friture


Trempé jusqu'à l'os, Clay, inspecteur au commissariat principal de New York, va s'abriter dans un bar: lumière voilée, musique sourde, whisky sec et filles bien roulées. Fasciné par cette blonde sensationnelle qui le défie au jeu, il en oublie son métier de flic. Et pour ses beaux yeux, il perd un, deux, puis huit mille dollars. Il a huit heures pour trouver l'argent avant que la blonde ne s'énerve. Les embrouilles commencent ...



C'est Frédéric Dard, y'a rien a en dire, il faut juste le lire.

08 avril 2008

La Famille Lament, George HAGEN



En Afrique du Sud, dans les années 50, Howard rencontre Julia: lui est chercheur dans les valves, elle est peintre sur un pont. Très vite, ils se marient. Très vite, elle est enceinte. Le destin des Lament est en marche. Suite à une série d'aventures rocambolesques, les jeunes parents perdent leur bébé. Mais en gagnent un autre: Will, orphelin au coeur fragile, farouchement attaché à la vie et à ses nouveaux parents. La famille s'agrandit avec l'arrivée de jumeaux. Et, parce que "les Lament voyagent", comme se plaît à le répéter Howard, toute la maisonnée part à l'aventure, rêvant de paysages somptueux et de découvertes éblouissantes. De la Rhodésie au New Jersey en passant par l'Angleterre, de l'insouciance de l'après-guerre à l'explosion des années 70, de rencontres en fâcheries, d'espérances en désenchantements, d'histoires d'amour en drames, les Lament voyagent encore et toujours, en quête d'un endroit où ils auraient enfin leur place.
A travers trois continents, voici retracées les péripéties d'une famille très attachante. Nous suivons au gré de leurs aventures, heureuses ou non, Julia, Howard, Will, Julius et Marcus. Il y une profondeur dans ces personnages qui les rend attachants. C'est une histoire de famille. Des gens pleins d'amour, d'idéal, qui font face comme ils le peuvent à l'intolérance, au racisme, aux préjugés. Rien ne leur est épargné. C'est un roman triste et drôle, qui soutient la tolérance, la famille et la volonté; un roman de rencontres, de rêves, de désillusions. Les Lament voyagent par obligation ou par désenchantement. A cause de contraintes d'emploi, de culture ou de race, ils iront de l'abondance à la pauvreté, de la foi au désabusement. On ne peut qu'aimer cette famille qui cherche coûte que coûte à se bâtir un bonheur solide à partir de matériaux fragiles.

14 mars 2008

La Chambre des Morts, Frank Thilliez


Sur une route déserte du nord de la France, une voiture renverse un homme qui portait un sac contenant deux millions d'euros. A son bord, Vigo et Sylvain, deux informaticiens au chômage, décident de garder le magot et de faire disparaître le corps. Quelques heures plus tard, Lucie Henebelle, du commissariat de Dunkerque, qui enquête sur la découverte du corps d'une fillette aveugle, découvre sur les lieux du crime des traces de pneu et une père de lunettes, appartenant au père de la petite victime, venu déposer une rançon...
Décors grisâtres, hostiles, menaçants. Misère humaine et sociale. Pas de grande nouveauté dans l'intrigue mais un livre qui se lit facilement, une histoire prenante. Une écriture sans fioritures. Seule critique: des questions restent sans réponse, on a une sensation d'inachevé quand on arrive à la fin de ce roman.